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Un défi de taille : l’installation de logements sur le périphérique de Paris

Construire au-dessus du périphérique parisien : le défi de « Hosta »


Entre fascination et effroi. Construire au-dessus du périphérique parisien un bâtiment d’habitation de sept étages destiné à accueillir un foyer de jeunes travailleurs, le pari peut sembler insensé. Au-delà des défis techniques pour un tel chantier se posent les questions de la gestion du bruit, de la pollution, de la sécurité sous le bâtiment. Pourtant, ce projet baptisé «Hosta», lauréat du concours «Inventons la Métropole du Grand Paris» en 2017 figure parmi les rares programmes en voie d’achèvement au-dessus de cette autoroute urbaine.

Le projet « Hosta » : un chantier ambitieux

L’étude et le développement étalé sur 3 ans ont été particulièrement longs, mais le chantier a désormais fière allure et affiche une livraison prévue dans 8 mois, au 2e trimestre 2024. L’endroit accueillera 113 logements (studios et 2 pièces) pour un foyer de jeunes travailleurs ainsi que 2 commerces en rez-de-chaussée, le tout ayant été vendu au bailleur social parisien RIVP. C’est l’agence Hardel Le Bihan qui a conçu les lieux, réalisés par Woodeum (spécialiste de la construction bois, filiale du groupe Altarea). Au-delà de l’aspect décarboné d’une construction en bois dans un univers particulièrement pollué, le bois était surtout le seul matériau employable dans ce genre de projet au vu de sa légèreté.

Cinq fois plus léger que le béton

«Si ce projet, contrairement à d’autres, a pu se faire sur le périphérique, c’est parce que nous nous appuyons sur l’existant: une ancienne dalle de stockage de matériaux de la Ville de Paris», explique Julien Pemezec, directeur général de Woodeum. Un atout, quand il est apparu que certaines nouvelles constructions risqueraient de concentrer et accroître la pollution. Mais aussi une difficulté: cette dalle était prévue pour supporter un poids assez faible, d’où une chasse impitoyable aux kilos superflus. «Nos panneaux de bois massifs lamellés croisés (CLT) sont cinq fois plus légers que le béton», rappelle Julien Pemezec.

Une intégration réussie et une nouvelle vision du périphérique

C’est ainsi que ce projet a pu se monter, d’autant qu’il se proposait de reboucher un «trou béant» séparant Paris de Vanves (une résidence étudiante et des équipements à vocation culturelle et sportive vont également être construits à proximité), ce qui a été bien accueilli par la population locale. Reste à rendre vivable, un lieu qui n’a pas été pensé pour cela. «Il y a clairement une volonté reconquérir cet espace et de montrer et d’indiquer que c’est aux routes de réduire leur intensité, explique l’architecte Cyrille Le Bihan. Ce face-à-face entre un bâtiment d’habitation et le périphérique surprend mais il traduit le sens de l’Histoire et une volonté politique.»

Des précautions architecturales indispensables

D’un point de vue pratique, il a aussi fallu s’entourer de nombreuses précautions. «Dans ce contexte très dur et ingrat, il a fallu mettre en œuvre une façade épaisse avec une double peau d’un mètre sur les côtés Est, Nord et Sud du bâtiment pour des questions d’acoustique et d’isolation», explique l’architecte Mathurin Hardel. Au passage, les planchers ont également été épaissis pour limiter la propagation du bruit entre les étages. Quant à la quatrième façade, c’est la seule qui donne directement sur le périphérique. Pour d’évidente raison de sécurité, il n’y aura pas ici de fenêtres qui s’ouvrent contrairement aux trois autres côtés du bâtiment. Cette partie fera office d’espaces communs sur quelques mètres promettant un curieux face-à-face entre locataires et automobilistes. Les architectes promettent d’ailleurs de soigner l’aménagement de cette partie avec un peu de mobilier qui sera particulièrement visible depuis l’axe routier. Dernier point d’attention: la résistance aux intempéries dans cet environnement si particulier. Après de longues réflexions, c’est finalement l’acier Corten qui a été retenu pour habiller les zones non vitrées. Cet acier dont on a forcé la corrosion est en effet réputé pour sa très grande résistance.

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