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L’urgence de relancer la construction dans le secteur de l’immobilier neuf.

La chute du logement neuf : une catastrophe annoncée

La crise du logement neuf continue de s’aggraver, avec des professionnels du secteur qui prévoient une chute des ventes pouvant atteindre 40% par an. La Fédération des promoteurs immobiliers parle déjà d’une « chronique d’une catastrophe annoncée ». Les coûts croissants du crédit rendent difficile pour les promoteurs immobiliers d’ajuster les prix à la baisse dans le neuf, contrairement à l’ancien. De plus, les normes environnementales et le manque de terrains disponibles et abordables risquent d’aggraver la crise pendant au moins deux ans. Alors que la demande est toujours présente, le financement ne suit plus, entraînant une véritable crise du pouvoir d’habiter.

Une pénurie d’offres attendue

Selon Damien Rolloy, président de Promogim Groupe, les promoteurs immobiliers ont déjà fait beaucoup d’efforts sur le stock existant, mais la situation va se compliquer à partir de l’année prochaine, avec un risque réel de pénurie d’offres. En effet, de nombreux acheteurs ont perdu entre 15 et 20% de pouvoir d’achat en raison de la hausse des taux de crédit, ce qui les rend incapables de financer l’achat de biens immobiliers neufs. Virginia Bernoux, présidente du directoire d’Ogic, résume cette crise du pouvoir d’habiter en soulignant que le secteur de l’immobilier accompagne l’amélioration du bilan carbone mais subit en même temps l’augmentation des coûts de revient. Pour sortir de cette crise, il est nécessaire que les pouvoirs publics apportent un soutien financier et des perspectives aux acteurs du secteur.

La nécessité d’une intervention des pouvoirs publics

Véronique Bédague, PDG de Nexity et ancienne haut fonctionnaire, affirme qu’une intervention des pouvoirs publics est nécessaire pour éviter une aggravation de la crise. Elle rappelle que lors du CNR Logement, Élisabeth Borne avait fait des promesses, notamment en ce qui concerne l’extension du nombre de villes pouvant accueillir des programmes de logements intermédiaires et la fiscalité du parc locatif. Cependant, aucune mesure concrète n’a été prise jusqu’à présent. Il est donc indispensable que les pouvoirs publics prennent des mesures d’urgence pour soutenir le secteur de l’immobilier neuf.

La réhabilitation ne suffit pas à résoudre la crise

La réhabilitation de bâtiments existants est une solution prisée par de nombreux acteurs du secteur immobilier. Elle permet de contourner le problème du manque de terrains disponibles tout en contribuant à la préservation de l’environnement. Néanmoins, Virginia Bernoux souligne que le potentiel de réhabilitation ne suffira pas à résoudre la crise du logement neuf. De plus, ces projets de réhabilitation coûtent souvent plus cher que la construction, ce qui nécessite un soutien financier et une plus grande équité dans la fiscalité de la part des pouvoirs publics.

L’impact sur le marché locatif

La crise du logement neuf affecte également le marché locatif, tant dans le neuf que dans l’ancien. Olivier Bokobza, président de BNP Paribas Immobilier Promotion, rappelle que ce marché répond à des besoins fondamentaux et que de nombreux locataires n’ont pas d’alternative. La pénurie de logements neufs entraîne donc une baisse de l’offre de logements sociaux et intermédiaires, ainsi qu’une augmentation de la demande pour les logements anciens. De plus, les locataires en place évitent de déménager dans ces conditions. Il est donc nécessaire de prendre des mesures pour relancer le marché locatif et fluidifier le marché du logement.

La hausse des prix des maisons individuelles

La crise du logement neuf a également un impact sur les prix des maisons individuelles, devenant ainsi de plus en plus inaccessibles. Selon le baromètre Markemétron, le prix moyen d’une maison a augmenté de plus de 44% au cours des dix dernières années. À titre d’exemple, il faut actuellement débourser en moyenne 213 000 € pour une maison qui avait coûté près de 148 000 € en 2012, pour une superficie réduite de 2 m². Cette flambée des prix, combinée à la hausse des taux de crédit, exclut des dizaines de milliers de ménages du marché de l’accession à la propriété.

Des mesures d’urgence nécessaires

Face à cette crise profonde, Grégory Monod, président du Pôle Habitat de la Fédération française du bâtiment, souligne l’absence de solutions concrètes. Il estime que la baisse du prix du foncier de 50% ne suffirait pas à réduire les prix de manière significative, car les coûts de construction sont également élevés. Il appelle donc le gouvernement à cesser ses coupes budgétaires dans le secteur du logement et à prendre des mesures d’urgence pour relancer le marché. Parmi ces mesures, il demande notamment la prolongation du prêt à taux zéro à tous les types de logements et une plus grande équité dans la fiscalité immobilière.

Des solutions créatives pour relancer le marché

Pour continuer à proposer des logements intermédiaires à un prix abordable, il est nécessaire de mettre en place des solutions créatives. Cela peut passer par des accords pour un prix maîtrisé du foncier, par le développement du bail réel solidaire ou par des innovations dans le secteur de la construction. Certains acteurs du secteur ont déjà développé des compétences en matière de remembrement de propriétés pour regrouper des terrains dispersés et lancer des programmes immobiliers. Cependant, ces solutions prennent du temps et il est crucial de continuer à appliquer les méthodes éprouvées, en les améliorant, pour faire face à la crise du logement neuf.

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